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Número 8 | Julho - Dezembro 2010   ISSN 1646-740X
 
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ISSN 1646-740X

FCT




 

 

Le Projet IMAGO: la construction d’une base de données numérique d’iconographie médiévale[1]

http://imago.fcsh.unl.pt

 

Joana Ramôa
Membro do IHA,
Faculdade de Ciências Sociais e Humanas,
Universidade Nova de Lisboa

joana.ramoa@gmail.com

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  Le projet Imago (POCTI/EAT/45922/2002), financé par la Fondation de la Science et de la Technologie[2] (F.C.T.), a été développé dans le cadre des activités de recherche de l’Institut d’Études Médiévales[3] de la Faculté de Sciences Sociales et Humaines de l’Université Nouvelle de Lisbonne[4].

Le projet Imago a été réalisé entre le 1er Septembre 2005 et le 31 Août 2008. Son objectif a été de créer la première base de données numérique iconographique au Portugal et de la mettre en ligne sur internet. Au cours de ces trois années, nous avons mis en place une base de données consacrée à l’iconographie médiévale portugaise et plus spécifiquement, dans deux de ses domaines artistiques, l’enluminure et la sculpture funéraire.

Ce projet est né dans un contexte difficile, dans la mesure où l'iconographie, au sens d'analyse de l'image, n’a pas connu dans notre pays le développement et la tradition qu’elle a mérité au sein de la Recherche pratiquée dans d’autres nations. Il faut dire, néanmoins, que malgré cet apparent manque d’intérêt de la Recherche portugaise pour l’iconographie, s’opposent, ces dernières années, quelques études, certains de grande qualité: dans un premier temps, avec les recherches sur l’Art manuélin (en raison de tous les problèmes posés, dès le XIXe siècle, par l'interprétation erronée de cet art défini comme un Art maritime et purement national), plus progressivement, dans d’autres domaines et sur d’autres époques – c’est le cas de toute une série de thèses de DEA, et de doctorats, qui se développent maintenant surtout sur l’enluminure et aussi, quoique en moindre nombre, sur la sculpture médiévale.

Ainsi, le projet Imago a pour but de participer à cette édification de l’iconographie au Portugal en tant que domaine scientifique bien défini, prospère et toujours enrichi par un sérieux dialogue interdisciplinaire. Nous avons conscience, néanmoins, que la base de données Imago n'est qu'un premier pas, un acte fondateur de la Recherche portugaise en vue d'aller vers une conception de l'iconographie telle qu'elle est pratiquée, depuis quelques années, par d'autres universitaires dans d’autres pays, tels que la France, l'Allemagne et l'Angleterre.

Par ailleurs, il faut mettre en avant le fait que le projet a été conçu et mené à terme dans le domaine de l’Histoire de l’Art, ce qui se ressent bien évidemment dans la forme dont nous avons traité et compris les images. Cela ne veut pas dire pour autant que le seul but de ce projet était de faciliter les recherches des historiens de l’Art, même cela a constitué un des soucis majeur du projet[5]. Dés le départ, le dessein de la base de données Imago, était d'embrasser tous les genres d’études médiévales. C'est pourquoi l’intégration même de ce projet dans un Institut d’Études Médiévales vient renforcer cette compréhension, à laquelle nous voulons participer, de l’image comme une manifestation de la mémoire sociale, sans jamais oublier naturellement la dimension artistique, c'est à dire les aspects formels qui construisent, aussi, l’essence même des images. En tant qu'historiens de l’Art, nous avons aussi la conviction que l’analyse de cette dimension formelle n’est pas suffisante pour vraiment comprendre les significations multiples auxquelles se prête une image. Il faut approfondir et ne pas oublier le lien entre les représentations et les milieux culturels, religieux, sociales, politiques et même économiques, dans lesquels ces images ont été produites. Mais nous ne devons pas, non plus, comprendre les images comme de simples illustrations, des reflets d'une réalité vécue. C'est parce que l’image médiévale, comme probablement toutes les images, à toutes les époques, engage un dialogue, parfois très enchevêtré, entre la vie de ses formes artistiques (dont parlaient Henri Focillon et les formalistes) et l’environnement, qu'il n'est pas facile de rétablir ces liaisons. Et c'est cette difficulté qui a été, à notre avis, un des grands problèmes des études iconographiques et surtout de l’iconologie comme l’a proposé Erwin Panofsky.

De toute façon, nous sommes partis du principe que ces controverses sur l’image et ses significations n’avaient pas lieu d'être dans la création d’une base de données iconographique, dont le but doit être de mettre à la disposition du plus grand nombre, des informations impartiales présentées d'une façon systématisée, complète et cohérente. Cette idée d'impartialité, tout comme celle de promouvoir les divers domaines du savoir médiéval, et non pas seulement les études artistiques, ont été les mots-clés de la conception, de la planification de ce projet, ainsi qu'une des préoccupations majeurs lors de la définition du thesaurus descriptif et la création du catalogue thématique.

Ainsi, la base de données Imago, en tant que projet dans le domaine de l'Histoire de l'Art, veut apporter des informations essentiels à la compréhension de chaque pièce, que se soit en sculpture ou en l'enluminure, afin de faciliter le croisement entre ces deux genres artistiques et surtout d'offrir des pistes à la Recherche à travers l'iconographie. Au-delà de la promotion de la connaissance et de la valorisation d’un patrimoine méconnu et souvent négligé, il ne faut jamais oublier ce principe majeure de la conservation selon lequel, pour conserver et bien traiter il faut connaître et bien aimer: divulguer c’est initier une démarche vers la conservation.

Pour atteindre ces objectifs, les chercheurs du projet Imago ont développé un travail absolument inédit au Portugal: premièrement, celui de définir la structure d’une base de données iconographique capable de concilier les deux genres artistiques dont nous avons parlé (sculpture funéraire et enluminure), ensuite obtenir les images photographiques in loco, traiter tous les contenus, et, finalement, la rendre accessible sur internet.

De cette façon, nous avons voulu, non seulement rapprocher la recherche portugaise de celle déjà en cours dans d’autres pays, mais aussi promouvoir une meilleure connaissance à l’étranger de l’Art du Moyen Âge au Portugal.

La grande innovation du projet a été, précisément, ce lien établi entre l’enluminure (sujet privilégié de la plupart des bases de données existantes hors frontières) et la sculpture (même si elle a été, dans un premier temps, limitée à celle de fonction funéraire).

La grande innovation du projet a été, précisément, ce lien établi entre l’enluminure (sujet privilégié de la plupart des bases de données existantes hors frontières) et la sculpture (même si elle a été, dans un premier temps, limitée à celle de fonction funéraire).

En effet, face au nombre quasi inépuisable de manuscrits, il était impossible de réaliser, en seulement 3 années, le catalogue de toute l’enluminure conservée dans les bibliothèques et les archives portugaises. Par ailleurs, nous avons été confrontés à des difficultés concernant le droit à la reproduction des images, inhérentes à l'objectif central du projet: celui de rendre accessible des images d'œuvres d'art sur internet. Nous avons, cependant, réussi à surmonter ces difficultés par l'obtention auprès des détenteurs des droits, soit de simples autorisations (comme c'est le cas de l’Institut de Gestion du Patrimoine Architectonique et Archéologique[6] et de quelques institutions religieuses, pour les sculptures), soit dans les cas plus complexes, des protocoles entre les institutions culturelles et le projet Imago. Pour les manuscrits nous avons établi des protocoles avec: la Bibliothèque Nationale de Portugal[7], l’Académie des Sciences de Lisbonne[8], la Bibliothèque Générale d l’Université de Coimbra[9], la Bibliothèque Publique Municipale du Porto[10], la Bibliothèque Publique d’Évora[11], le Musée Calouste Gulbenkian[12] et le Musée Nationale de l’Art Antique[13]. L’accord a été, dans la plupart des cas, fondé sur un principe fondamental: les photographies des manuscrits prises par le projet Imago appartiennent simultanément au projet et aux institutions propriétaires de l'œuvre en question. Mais, seules les institutions ont le droit de vendre ces images. Ainsi, tous les droits de propriété ont été préservés, et tous les chercheurs intéressés, que se soit par son utilisation (en dehors de la consultation des copies numériques mises en ligne dans la base Imago) ou par sa reproduction, doivent les acquérir sur les sites des légitimes propriétaires respectifs.

Ces autorisations et ces protocoles établis, nous ont permis de photographier et étudier, à ce jour, 63 pièces de sculpture funéraire, dispersées dans tout le pays et correspondant à 461 images numériques insérées dans la base de données, ainsi que les enluminures de 127 manuscrits correspondant à 600 images numériques mises en ligne.

 

Le projet Imago s'est développé en quatre étapes bien définis.

À partir du moment où il s'agissait de la première base d'iconographie médiévale portugaise, le corpus d'études qu'il fallait travailler était vraiment considérable de par sa dimension. Il est rapidement apparu qu'il était impossible de cataloguer un tel ensemble dans une période de 3 années – surtout dans le domaine de l'enluminure.

Il a été nécessaire, par conséquent, dans un premier temps, de limiter et de définir, par des critères rigoureux, les ensembles artistiques prioritaires du catalogue, d'identifier nos objets d’étude, leur localisation, et ensuite de planifier tous les visites qu'il faudrait réaliser, à travers le pays, en fonction du temps disponible et des différentes étapes du projet.

En ce qui concerne la sculpture funéraire, nous nous sommes données pour objectif de photographier et étudier tous les tombeaux qui avaient des gisants et qui correspondaient aux XIIe, XIIIe, XIVe et XVe siècles.

Dans le domaine de l’enluminure, le critère principal a été celui de l’importance des manuscrits, en fonction du nombre d'enluminures et de ce qu'elles représentent - c'est pourquoi à l'heure actuelle nous n'avons, pour l'instant, catalogué que les représentations figuratives et non ornementales. Un autre critère a été celui de leurs localisations géographiques: nous avons privilégié les manuscrits qui se trouvent dans les plus importantes bibliothèques des principales villes du pays. Mais le choix des manuscrits a aussi été déterminé en fonction des protocoles que nous avons réussi à élaborer avec les institutions spécifiques.

Dans un second temps, nous avons imaginé deux modèles de fiche de catalogue: une pour la sculpture funéraire, l'autre pour l’enluminure (les fiches que nous avons utilisé au moment de photographier et d’observer les représentations in loco). Ces fiches ont été conçues comme une base de travail pour le catalogue à la base de données numérique (quatrième étape du projet), mais aussi dans le but de recueillir du plus grand nombre possible d’informations sur la sculpture  ou l'enluminure en question, en ayant toujours en vue la recherche approfondie qui a été le fil conducteur de la construction de cette base de données numérique.

Ces fiches ont été modifiées plusieurs fois jusqu’à la phase finale, en fonction de l’expérience et des connaissances des spécialistes dans chaque domaine (la sculpture funéraire et l’enluminure), de l’apport des programmateurs informatiques (constructeurs expérimentés de bases de données et plus sensibles au problèmes de la navigation sur internet par l'utilisateur), et même de la contribution de spécialistes étrangers comme Fernando Galván, professeur de l’Université de León[14], en Espagne, Patricia Stirnemann et Claudia Rabel, du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), de Paris.

Le remplissage des fiches du catalogue a mis en évidence la nécessité de constituer un thesaurus descriptif.

Dans cette seconde étape du projet nous avons donc aussi élaboré un critère de classification thématique – ce qui était de la plus grande importance pour la construction d’une base de données, avant tout, iconographique. Ce réseau thématique s’est largement appuyé sur le travail de François Garnier, même si nous n’avons pas suivi complètement son système de classification. Nous l’avons en vérité simplifié, adapté à nos intérêts de «constructeurs» d’une base de données accessible, bien que scientifique.

Pour tester nos fiches de catalogue et notre réseau thématique, nous avons commencé le travail d’observation directe de nos objets d’études, en photographiant et en faisant la description des pièces et des représentations, selon les fiches et les critères déjà définis.

Cette expérience d’observation et de description nous a aidé quand nous avons commencé le travail avec l’équipe de programmation qui a construit notre base de données numérique. Pour mener à bien ce travail nous avons choisi le Centre de Recherche pour les Technologies Interactives[15] (C.I.T.I.), une unité de recherche siégée à la Faculté de Sciences Sociales et Humaines de l’Université Nouvelle de Lisbonne, dont le mérite a déjà été reconnu par une série de prix attribués pour des travaux développés par des chercheurs de cet unité, dans différents domaines de la programmation informatique.

Une fois la base numérique achevée, nous avons entamé le catalogage proprement dit de cette base, à partir de toutes les images et données recueillies au cours de l'étape précédente, tout on y ajoutant des nouvelles images qui nous parvenaient au fur et à mesure.

Ce travail se présente aujourd'hui sous la forme d'un ensemble de plus de 1000 entrées, accompagnées d’autres publications et recherches inhérentes à ce projet comme par exemple les 23 articles publiés et un Séminaire International, organisé par l’équipe du projet et réalisé en Novembre 2007, sur le thème Image, Mémoire et Pouvoir. Vision et Représentation (XIIe-XVe siècles) et dont les Actes sont en train d’être publiés au numéro 7 de la Revue d’Histoire de l’Art, de l’Institut d’Histoire de l’Art de la Faculté de Sciences Sociales et Humaines de l’Université Nouvelle de Lisbonne[16].

Le projet, conçu au départ par deux professeurs du Département d’Histoire de l’Art de la Faculté de Sciences Sociales et Humaines, José Custódio Vieira da Silva et de Maria Adelaide Miranda, a été développé par une équipe de chercheurs constituée aussi par Joana Ramôa (boursière), Luís Sousa, Ana Lemos et Ragnhild Bo, tous les quatre diplomés (DEA et doctorat) soit dans le domaine de la sculpture funéraire (c'est le cas de la première) soit dans le domaine de l’enluminure (c'est le cas des trois autres).

Il faut enfin souligner, en quelques mots, tout le travail d’amélioration et d’élargissement de cette base qu'il reste à réaliser, sans minimiser l'importance de ce premier pas vers la consolidation de l’iconographie médiévale comme un domaine sérieux des études scientifiques au Portugal et par conséquent, vers l’approche de la Recherche portugaise, dans ce domaine, à celle plus riche, qui est développée dans d’autres pays depuis tant d’années.

 

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[1] Artigo revisto por Gabriela Simões.

[2] Fundação para a Ciência e a Tecnologia (F.C.T.).

[3] Instituto de Estudos Medievais.

[4] Faculdade de Ciências Sociais e Humanas de Lisboa da Universidade Nova de Lisboa.

[5] En vrai, ce genre d’information et d’images mises en ligne a travers la base de données Imago, n’était pas d’accès facile aux chercheurs — il y avait même des sculptures funéraires pratiquement inconnus et surtout avec des interprétations erronés, avant le catalogue de ces pièces sculpturales.

[6] Instituto de Gestão do Património Arquitectónico e Arqueológico (IGESPAR).

[7] Biblioteca Nacional de Portugal (BNP).

[8] Academia de Ciências de Lisboa.

[9] Biblioteca Geral da Universidade de Coimbra.

[10] Biblioteca Municipal do Porto.

[11] Biblioteca Pública de Évora.

[12] Museu Calouste Gulbenkian.

[13] Museu Nacional de Arte Antiga (MNAA).

[14] Universidad de León.

[15] Centro de Investigação para as Tecnologias Interactivas.

[16] Revista de História da Arte do Instituto de História da Arte da Faculdade de Ciências Sociais e Humanas da Universidade Nova de Lisboa

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Referência electrónica:
RAMÔA, Joana – Le Projet IMAGO: la construction d’une base de données numérique d’iconographie médiévale.  Medievalista [Em linha]. Nº8, (Julho de 2010). [Consultado dd.mm.aaaa]. Disponível em http://www2.fcsh.unl.pt/iem/medievalista/MEDIEVALISTA8\ramoa8015.html. ISSN 1646-740X.


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